Intranquillités

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A propos de Intranquillités

Pour sa rentrée 2012, le B.P.S.22 espace de création contemporaine de la Province de Hainaut, à Charleroi, accueille l'exposition Intranquillités, dans le cadre de la saison artistique et citoyenne DABA Maroc. Cette exposition regroupe les oeuvres de trois artistes issus de la diaspora marocaine, Charif Benhelima, Mohamed El Baz, mounir fatmi, sous commissariat de Charles-Olivier Gohy. Intranquillité... Ce titre emprunté au poète portugais Fernando Pessoa évoque un état d'inquiétude, une certaine agitation, voire une forme d'insécurité. L'idée est autre cependant : Il s'agit plutôt d'un appel à rester en alerte, les sens et l'intelligence en éveil, dans le monde actuel. La curiosité (comme outil d'émancipation), la parole libre et la quête d'origines métissées sont les moteurs de cette exposition de groupe. Une attitude que cultivent ces trois artistes et qui cadre parfaitement avec la politique culturelle menée depuis douze ans au B.P.S.22. Le moteur de cette démarche est la curiosité, l'envie de connaître et de comprendre les situations que nous vivons et constatons, au quotidien, dans ce monde globalisé qui est le nôtre. Pour ce faire, ces artistes procèdent à des remises en question, déconstruisent les réalités relayées par les médias, les transforment, pour mieux les cerner. Face à un monde en plein emballement, à cette réalité qui parfois nous échappe, Charif Benhelima, Mohamed El Baz et mounir fatmi nous invitent à nous poser et à rester vigilants, à activer en permanence cette curiosité intranquille qui est la garante de notre conscience. En filigrane de cette démarche, éveiller les consciences et participer à la construction d'une société planétaire plus égalitaire. Au travers de leurs oeuvres, ces artistes proposent au public une parole libre, parfois déstabilisante, mais dénuée de faux-semblants. Cette parole à haute teneur sociopolitique s'exprime au travers d'oeuvres qui prennent les formes les plus diverses : photographies, vidéos, installations, etc., et qui puisent leurs sources dans différentes cultures. La quête personnelle de ces trois artistes d'origine marocaine est en effet omniprésente et les a menés à s'interroger sur les notions d'identité, de culture, de nationalité, d'Etranger, d'Autre. Pour l'exposition au B.P.S.22, l'option est de proposer quelques pièces de chaque artiste, organisées autour d'une nouvelle production spécifique. L'ensemble constitue une scénographie au sein de laquelle les oeuvres font contrepoint les unes aux autres. Intranquillités sera donc l'occasion de pouvoir aborder et cerner largement la démarche de ces trois artistes contemporains issus de la diaspora marocaine. Les artistes : démarche et focus sur l'oeuvre principale mounir fatmi est né en 1970 à Tanger, au Maroc. Il partage actuellement sa vie entre Paris et sa ville de naissance. Au travers de ses oeuvres, l'artiste s'inscrit en permanence dans un processus de déconstruction des certitudes et renverse l'ordre établi. mounir fatmi refuse toujours de céder à une forme stable acquise, jusqu'à son nom et son prénom dont il ôte les majuscules. Ainsi, la remise en question est une constante dans sa démarche. Non sans une certaine forme d'humour corrosif, il questionne, provoque et s'attaque aux notions de pouvoir et aux extrémismes en tout genre. L'art, la religion, les traditions, la politique, le langage, l'architecture, les médias, la communication sont autant de sujets passés au crible de son esprit critique. Il s'intéresse par ailleurs à l'idée d'obsolescence de l'objet de consommation. Il n'est pas rare de retrouver dans ses oeuvres des photocopieurs dépassés, des vieux câbles d'antennes analogiques, des cassettes VHS, etc. Au bout de sa réflexion, ses vidéos, installations, peintures ou sculptures mettent au jour les ambiguïtés, les doutes, les peurs, les désirs de la société contemporaine et invitent avant tout à envisager les choses sous un angle nouveau. Pour cette oeuvre, mounir fatmi s'est inspiré du film éponyme, réalisé par Charlie Chaplin, en 1936, dans lequel l'homme est asservi par la machine, métaphore de l'aliénation de l'individu par la société industrielle. Dans cette vidéo, l'artiste met en mouvement, à l'aide de formes cylindriques et de signes calligraphiques arabes, une machinerie complexe aux multiples engrenages. Par cette double référence au film de Charlie Chaplin et au monde arabe, ce schéma animé symbolise à la fois l'industrialisation initiée, dans la société occidentale, au 19ème siècle, et ce phénomène qui touche, depuis leur indépendance, la plupart des pays du Moyen-Orient. Si la phase de développement industriel a mis plus d'un siècle à atteindre son apogée dans les pays occidentaux, elle s'est faite à un rythme effréné au Moyen-Orient, transformant la société à une vitesse inouïe, sans préoccupation des changements soulevés : de nouvelles villes sont apparues dans le désert, des populations se sont déplacées, des chefs d'industries ont émergé. Au travers de cette oeuvre, mounir fatmi met aussi en lumière la course du monde d'aujourd'hui et soulève la question de la place et du rôle joué par l'humain dans cette grande "machine" qu'est le monde.

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