Rubis n'est plus, vive la Fête!

David Chvedco alias Rubis était ce qu'on peut appeler un artiste transformiste, un travesti voire plus péjorativement une "travelotte", comme il aimait parfois se faire appeler. Il nous a quitté le 24 juillet dernier à la suite d'une infection pulmonaire. Il n'avait que 36 ans, mais déjà toute une carrière derrière lui. Les habitués du milieu gay ont pu le croiser un peu partout en Belgique francophone, à Bruxelles (Chez Maman, au Coucou Bar, au B-Koz, aux soirées Bubble Gum, au Cancan mais aussi à l'ancien Cabaret du Louise Gallery et au Gay Tea Dance du You, l'ex-Garage) et en Wallonie, que ce soit du côté de Liège (Open Bar), de Mons ou de Charleroi, sa région natale puisqu'il a grandi à Binche. On ne compte plus ses prestations sous forme de clin d'oeil aux stars qui nous ont fait rêver, baver ou pire, vomir. On retiendra entre autres son interprétation de Céline Dion, la manière dont il se glissait dans la peau de "Rubis Brico, le frère transsexuel de Remy Bricka", ses personnages loufoques et parfois touchants, mais toujours drôles et émouvants. Et puis, n'oublions pas lorsque Rubis, lassé de voir un public mou – qui finalement ne le restait pas longtemps -, lançait son expression fétiche "Mais quelle belle fête!" avant d'entonner un tonitruant "Eeeeh... ouh, ah!". Chauffeur de salle, clown, imitateur et comédien, David était un artiste complet, actif depuis une quinzaine d'années sur la scène gay. Il a même enregistré un disque, en 1997, avec les Bassline Boys intitulé "Je suis une grosse folle" (et "De Vuil Janet" en version flamande) qu'on a longtemps faussement attribué aux Snuls, de par ses aspects kitch et brusseleir. Hasard du calendrier, il tourne en boucle sur la webradio Bodink (www.bodink.org) depuis le début du mois de juillet. Alors que le You s'apprêtait à fêter dignement l'anniversaire de Rubis à la mi-juillet, la soirée avait été postposée pour cause de maladie. Une dizaine de jours plus tard, on apprenait le décès de notre joyau. Les nombreux hommages rendus ça et là ont tous un point commun: ils soulignent la gentillesse, l'ouverture et l'esprit de fête qui animaient la personnalité de David. Décomplexé, se moquant de lui-même, usant de son corps et de tous les jeux de mots ou expressions bien de chez nous, il arrivait à rendre le sourire à ceux qui l'avaient perdu. Dévoué, toujours prêt à faire la fête, Rubis était un peu l'ange gardien de tout le monde. D'où le titre de cet article, qui peut de prime abord surprendre: Rubis ne vivait que pour s'amuser et amuser les autres. Prenons exemple sur lui... et vive la Fête! Le blog de Rubis: www.rubishow.be