Jardins des contes Emmanuel Tête et Charles-Henry Sommelette

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  • A propos de Jardins des contes Emmanuel Tête et Charles-Henry Sommelette

    Nous avons tous notre jardin mental, intime et/ou bien réel. Très concret pour le botaniste ou le jardinier, le jardin convie aux rêves, aux fantasmes, aux histoires. Toujours culturel et construit, le jardin a autant symbolisé le pouvoir que le romantisme : lieu de vie ou de représentation, il nous offre la possibilité de nous y projeter.
    Il en va naturellement de même pour Emmanuel Tête (Lyon 1973, vit et travaille à Bruxelles depuis 1992) et Charles-Henry Sommelette (Aye 1984, vit et travaille à Barvaux- sur-Ourthe). Qu’ils soient peintres dessinant ou dessinateurs peignant, ils trouvent tous deux dans le Jardin-Paysage un décor symbolique, un espace leur permettant de nous livrer leurs histoires qui, à notre guise, nous laisseront libres, juges ou narrateurs.
    Emmanuel Tête nous plonge dans des scènes fictives, intemporelles, absurdes et théâtrales comme dans une bouffonnerie de la Commedia dell’arte, cela, à la manière des peintres anciens. Il façonne des décors arborés ou se jouent des actes de vie pas toujours compréhensibles. Le temps se fige un instant, juste avant le dénouement du récit, le peintre a posé son crayonné et nous offre des scènes de genre articulées autour d’acteurs, de figurants et de représentations.
    Chez Charles-Henry Sommelette, comme un train en campagne ou le travelling d’une caméra, le temps passe dans le décor et, tout à coup, fait un «close up». Dans les limites d’un espace, c’est un focus sur un moment du récit, un arrêt sur image et là, entre le coin d’une grille et d’une haie, il peint l’instant de la fiction. Des personnages ont-ils quitté les lieux ou ne sont-ils peut-être pas encore arrivés ?
    Tous deux construisent des Images-Scènes de facture réaliste où la notion de narration est mise à l’avant plan sans nous en donner réellement les clefs. Emmanuel construit une narration fictive dans un décor physique où se meuvent des personnages en action. Charles-Henry est dans le non-décor, « plus réaliste » à la limite d’un espace dans l’entre-deux où l’absence se raconte.
    Tous deux utilisent les techniques et le langage pictural pour nous projeter dans leurs jardins… contés et nous invitent à réinventer nos « propres théâtres de verdure ». Gauthier Pierson

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