Curé le jour, athée la nuit (La bonne parole du curé)

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  • A propos de Curé le jour, athée la nuit (La bonne parole du curé)

    À l’aube du XVIIIe siècle, lors d’une messe, le curé Jean Meslier – il a réellement existé ! –, qui ne s’amusait guère à la bigoterie, s’étonne avec ses paroissiens, qu’il appelle ses « chers amis » (le public), du mauvais rapport qu’il a reçu de son archevêque, mais aussi des mauvais traitements infligés par le seigneur des lieux aux paysans du coin... La réaction ne se fait pas attendre, Meslier doit se rendre un mois au séminaire de Reims pour retrouver l’esprit de son état !

    À son retour, s’il semble se soumettre le jour, c’est pour dégainer sa plume la nuit. Quelque treize ans plus tard, historiquement en 1729, il a écrit et recopié au moins quatre fois un volumineux Mémoire (lorsqu’il sera publié à partir d’une des copies originales en 1970, il fera plus de 1.200 pages !) où il démontre en huit arguments implacables l’inexistence des dieux, mais aussi l’utilisation de ceux-ci par les puissants de la terre pour manipuler les peuples impuissants.

    Maintenant, à l’heure de se laisser mourir, pour que vivent ses idées, le curé Meslier, dans la solitude de sa cure, s’imagine être dans son église, devant ses chers amis, ses paroissiens, pour enfin et le plus simplement du monde, leur dire cette vérité : « les religions sont des inventions humaines, qui ont été échafaudées par des rusés politiques, puis multipliées par des imposteurs, ensuite reçues aveuglément par des ignorants, et puis enfin maintenues et autorisées par les lois des grands de la terre ». Il n’a pas écrit ce volumineux Mémoire par vengeance ou par intérêt. C’est son penchant naturel pour la justice qui l’a amené à démystifier les religions.

    Le temps est venu alors pour ce bon curé Meslier, bien plus contrarié de perdre la vue que de perdre la vie, de confier cette mission salutaire à ceux qui comme lui, ont bien voulu l’entendre...


    Qui était Jean Meslier, curé le jour et athée la nuit ?



    Le curé Jean Meslier (1664-1729) sort de l’ombre. Il apparaît comme un penseur politique et philosophique de tout premier plan.

    À l’aube du Siècle des Lumières, ce petit curé de village (celui d’Étrépigny dans les Ardennes françaises) laissait à sa mort voguer à la destinée un volumineux Mémoire manuscrit de ses « pensées et sentiments ».

    C’était une bombe ! Elle éclate enfin aujourd’hui.

    Car son Mémoire constitue, à l’époque, la critique la plus complète des incohérences, des abracadabrances bibliques, évangéliques et monothéistes. C’est aussi la première théorie de l’athéisme, du matérialisme philosophique, et la seule œuvre française avant la Révolution à proposer un projet et un programme concret de libération des masses.

    Meslier, l’humaniste, comprenait le peuple quand il lui glissait à l’oreille que « tous les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés avec des boyaux de prêtres. »

    Pour lui, abattre la féodalité et l’absolutisme royal passait par renier l’Église qui les soutient et les bénit. Pour cela, il fallait démystifier les religions, annihiler le dieu des hommes...

    Dans une langue à la fois modernisée et d’une grande fidélité au texte de Meslier, Jean- François Jacobs laisse ici exploser la « bonne parole » de ce curé détonant, dans le corps et la voix duquel se fond - et se confond - Alexandre von Sivers.

    Serge Deruette (Professeur d’Histoire des Idées à l’UMONS, spécialiste de Jean Melsier)

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