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A propos de À la ligne

C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui est embauché dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.

Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

Un récit habité, rythmé, fiévreux, offrant de rares respirations, sans ponctuation, fait de phrases courtes et de sauts à la ligne, tranchants.

Joseph Ponthus a quitté la région parisienne et son job d'éducateur par amour pour sa femme qu'il est allé rejoindre en Bretagne. Ne trouvant pas de travail dans son domaine, il finit par se tourner vers les petites missions d'interim en usine/abattoirs.

Et c'est tout un univers inimaginable qu'il découvre: le travail à la chaîne, les horaires décalés, les gestes mécaniques/abrutissants, le froid, le bruit, les odeurs, les blessures, le dos brisé, le corps qui lâche...

Joseph Ponthus nous plonge avec intensité dans ce milieu à part, précaire et parfois révoltant à en donner la nausée.
Un milieu où la solidarité entre travailleurs aide à supporter la cadence (pendant que les dirigeants sont peu présents/valorisants) et où la pause clope compte parmi les rares bouffées d'air...

Une sacrée claque que ce texte humain, authentique, essentiel et indispensable tant il coupe le souffle, recadre et hante, longtemps.

"En poussant mes carcasses
Bien sûr que je repense à tous ces mômes vivants que j'ai accompagnés qui sont devenus adultes aujourd'hui
Certains sont morts aussi
Mais je suis heureux ici
Avec mon épouse
Plus qu'heureux
Non loin de la mer
Quitte à charrier des animaux morts
Nous poussons nos carcasses
Tout le monde ne fait au fond que de trimballer ses carcasses "

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