Not so far from us

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    Pour son exposition Not so far from us, MLF | Marie-Laure Fleisch est heureuse de présenter les œuvres de Bettina Samson, Jennifer Tee et Joani Tremblay. Leurs trois pratiques pourraient sembler distantes les unes des autres, elles sont pourtant reliées par leur capacité à mettre en exergue des archétypes spécifiques : ceux du monde ésotérique. Tirant leur inspiration de rites ancestraux, de cérémonies, ou encore d’utopies de la culture New Age, ces artistes démontrent que l’art ne permet pas uniquement de répondre à des problématiques contemporaines mais qu’il ouvre également des portes sur le monde de l’intangible.

    Si notre société semble être la représentation parfaite du progrès scientifique et technologique, elle n’en reste pas moins imprégnée d’une forte spiritualité. L’esprit cartésien de notre temps n’échappe pas à notre inconscient collectif et aux croyances qui en découlent. Pourtant, ces trois artistes ne cherchent pas simplement à actualiser une culture ésotérique : elles questionnent notre folklore afin de troubler notre perception de la réalité. Les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être au premier regard. L’usage altéré des symboles mystiques qui nous entourent pourrait alors ouvrir la voie à la recherche d’une nouvelle interprétation de l’histoire.

    Shakers, la série de céramiques réalisée par Bettina Samson, est une référence à la communauté religieuse éponyme qui a perduré jusqu’au XXème siècle. Ses membres, particulièrement extrêmes dans leur concept utopique, donnaient une dimension sacrée à leurs tâches quotidiennes. Ils cherchaient à atteindre une trance collective au cours de leurs cérémonies, au moyen de danses convulsives, ce qui leur a donné leur nom. Les mouvements visibles dans les sculptures rappellent ceux de corps dansant, tentant de s’extraire de l’état conscient afin de découvrir de nouvelles visions. Les formes étranges de ces sculptures, oscillant entre fermeté extrême et mouvements incontrôlés, deviennent un hommage à leur quête d’une révélation divine. De même, les socles sont une appropriation du mode de vie des Shakers. En effet, leurs convictions les ont amenés à développer leur propre style de mobilier qui a, depuis quelques années, attiré l’attention de designers, ceux-ci y voyant la préfiguration du minimalisme contemporain. Samson s’est réapproprié leur procédé, respectant leur désir de simplicité et attachant une attention particulière à leur fonction utilitaire.

    Il serait délicat de nier l’influence du spiritualisme sur la pratique de Jennifer Tee. Ses céramiques, Tao Magic, évoquent la notion d’équilibre spirituel suggérée par cette philosophie cosmologique (Tao signifiant “le chemin”). Cette poursuite de la voie du milieu se retrouve dans la plupart des œuvres de Tee : une ligne invisible entre deux mondes. L’artiste possède une connaissance approfondie des figures iconiques de l’occultisme qui ont été des maitres de l’appropriation culturelle. Pourtant, alors que ces derniers, rapidement suivis par notre société contemporaine, ont souvent encouragé l’individualisme, les origines multiculturelles de Tee l’ont amenée à appréhender l’art comme un espace sans frontières dans lequel le concept contribue à l’émergence d’un état de conscience supérieur par la mise en place d’un langage collectif. Ainsi, les motifs qui apparaissent dans ses collages de pétales de tulipes séchés des Pays-Bas peuvent nous rappeler des géométries psychédéliques autant que des textiles de cérémonie indonésiens (Tampan). L’artiste remet au gout du jour ce qui était considéré comme une force sacrée pour unifier les hommes mais se joue aussi de notre regard en créant des versions imprimées de ses œuvres, rappelant l’ambiguïté de l’appropriation culturelle et de ses manipulations.

    Joani Tremblay examine notre perception des lieux, des architectures, et leurs possibles représentations en créant des paysages fictifs. En 2018, elle s’est rendue à Arcosanti, en Arizona, où une ville utopique fut bâtie dans les années 70. Cette colonie avait pour objectif d’expérimenter un système combinant architecture et écologie, avec pour but ultime l’élévation de la conscience humaine. Les utopies sont principalement des espaces mentaux, issus de convictions fortes mais aussi de fantasmes inaccessibles. C’est probablement ce qui a fasciné l’artiste qui porte un grand intérêt pour notre mémoire et sa capacité à modifier l’exactitude de ce que nous considérons réel. Cela pourrait en partie expliquer pourquoi Tremblay travaille sur l’idée construite d’un lieu, associant numériquement des images tirées d’une infinité de sources (des réseaux sociaux aux cartes postales), avant de les retranscrire sur toile. Impossibles à situer, ses paysages semblent pourtant familiers au regardeur. Ce que nous observons dans la série Quaderno ne représente pas la ville qu’elle a visité mais son sentiment au regard de l’identité communautaire du lieu, son passé et ses espoirs pour l’avenir.

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