À travers les œuvres de dix artistes belges et internationaux, l’exposition donne à voir les enjeux du nucléaire civil et militaire. À la croisée de l’art et de l’information, elle fait dialoguer les représentations réalistes créées par ces artistes en photo et en vidéo, et tente de lever un coin du voile sur une industrie contradictoire en de nombreux aspects. L’énergie nucléaire est une composante essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique, en raison de ses faibles émissions de gaz à effet de serre. Elle offre une source d’électricité bas carbone, alternative aux énergies fossiles qui contribuent à ce réchauffement. Cependant, des aspects comme la gestion des déchets radioactifs et les risques liés aux accidents restent des points de discussion et de préoccupation bien légitimes. Près de quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl survenue en Ukraine le 26 avril 1986, cette exposition engage une réflexion sur les connaissances scientifiques de la radioactivité et sur le nucléaire militaire plus difficile d’accès encore. Le paradoxe nucléaire est abordé par les artistes sous forme de traces, d’empreintes photographiques.
Au même titre que ses qualités documentaires, la photographie en tant qu’empreinte leur a permis de consigner les effets insaisissables de la radioactivité. Son invisibilité est déjouée par la réaction des composants chimiques des pellicules argentiques auxquelles plusieurs ont recouru. Au-delà de sa mesure, l’inscription de la radioactivité apparaît dans la matérialité même de l’image. Les victimes humaines y trouvent également une voix, si peu audible hors du champ de l’expression artistique. Un périmètre à l’intérieur duquel s’exposent les termes d’un débat public.