Sur la scène s’esquisse un espace dépouillé mais habité, comme sur le fil : entre légèreté, humour et intensité, les artistes oscillent entre la tentation d’un abîme – celui de nos actualités violentes et des passions trop fortes –, et la nécessité d’une suspension ludique, sensible, parfois grinçante et dans tous les cas éphémère. Comme une résistance, une façon de déjouer l'inéluctable finitude.
Car les six interprètes du Margherite sont animés d’un puissant désir de vie, et cherchent ensemble un élan qui ne retomberait jamais. Aimer, faire et (re)commencer deviennent alors les déclinaisons d’un geste essentiel.
Comme la marguerite à laquelle on ôte peu à peu ses pétales, les artistes jouent de cette intensité du hasard, avec drôlerie, et une fraîcheur qui en dit toujours
bien plus qu’elle n’y paraît.