Sur invitation de la Galerie &
Atelier Isabelle de Borchgrave, Antoinette d’Ansembourg présente
Tout commence et finit dans les sols, exposition personnelle avec un regard curatorial de Zoé van
den Boogaerde, visible du 22 avril au 10 mai à Bruxelles.
À travers une constellation d’objets sculptés, peints, modelés, tracés, l’artiste donne forme à un
monde en mutation, où les formes prolifèrent avec une urgence presque irrépressible.
Entrer dans ce travail, ce n’est pas contempler un paysage. C’est accepter d’être déplacé.
La couleur ne décrit pas, elle déborde. Les formes ne composent pas, elles prolifèrent. Quelque
chose pousse ici avec insistance, non pas comme un motif, mais comme une nécessité. On ne
regarde pas ces œuvres : on tourne autour d’elles, on s’y approche, on y revient. Elles imposent
leur rythme, leur climat, leur densité d’air.
Il n’y a ici ni nature décorative, ni végétal docile. Il y a une intensité, presque excessive, presque
insoutenable.
Les formes se multiplient, se chevauchent, se contaminent. Excroissances, replis, hybridations
: rien ne se stabilise vraiment. Comme si le vivant, longtemps contenu, refusait désormais toute
retenue. Ces plantes, si ce sont des plantes, ne cherchent ni harmonie ni équilibre. Elles occupent.
Elles infiltrent. Là où la matière semble close, elles trouvent une fissure et l’élargissent. Là où l’on
croyait la surface inerte, quelque chose persiste, insiste, travaille.
Il n’y a pas de mauvaises herbes. Il n’y a que des forces qui ne rentrent plus dans nos cadres.
Du dessin exploratoire aux volumes affirmés des sculptures, jusqu’aux surfaces minutieusement
travaillées des panneaux et toiles, chaque médium devient le lieu d’un même phénomène : une
poussée continue qui met en tension maîtrise et débordement, contrôle et indocilité.
Dans cette insistance des formes, une chose demeure : le monde n’est pas stable. Il est toujours
en train de pousser.