trames
paul cox
œuvres récentes
exposition du 9 mars au 25 avril 2026
vernissage le lundi 9 mars de 18 à 20 h 30
présentation de L'art de la couleur, textes et dessins de Paul Cox
Je peins comme une sorte de jeu, chaque couche dictant la suivante.
Travail mené posément, sans romantisme, avec un geste calme de plâtrier.
J’utilise le vocabulaire de stries pour évoquer le tissage, technique des œuvres récentes qui m’inspirent : Anni Albers, Olga de Amaral, le Rake’s progress de Hockney, les tapisseries anciennes, l’Apocalypse d’Angers.
Je me souviens que ma grand-mère m’avait appris la broderie, dont j’ai créé des kilomètres quand j’étais enfant. De là vient sûrement mon obsession des trames, nourrie aussi par mon goût pour les ikats indiens et japonais, les tartans, le dos des étiquettes brodées, les boro japonais, les scènes vues à travers des stores dans les ukiyo-e, Agnès Martin, les tissus des Masaïs, Piero Dorazio, Élise Peroi, Marie-Cécile Aptel et tant d’autres.
Je cherche à ne pas affirmer les contours des formes, mais qu’elles soient effilochées en une image atmosphérique. Pas plus que les formes, les couleurs ne sont précisément définies, comme le serait un aplat, mais résultent plutôt du mélange optique des fonds et des trames. Celles-ci laissent apparaître le fond de couleur, qui fait scintiller la lumière entre les lignes.
Dissoudre les formes à la fois par le déchiquetage des contours créé par les trames, et par le jeu des valeurs proches entre les figures et les fonds.
« Peinture dessinée », dans l’héritage des impressionnistes ou de Van Gogh ou de Munch, qui utilisaient plutôt des traits que des masses de couleurs.
Les fleurs comme prétextes à événements plastiques.
Hommage à Jakuchu (celui des Animaux dans un jardin fleuri, mais aussi des Fleurs précieuses du jardin mystérieux).
Décoratif assumé, affirmé.
Paul Cox, Notes dans mon carnet