L'animal au cinéma

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  • A propos de L'animal au cinéma

    La photographie et le cinéma ont-ils modifiés la manière dont nous observons les animaux ?

    Le cinéma a filmé des animaux depuis ses tout-débuts: un cheval, un chien se glissent déjà parmi les ouvrières filmées par les frères Lumière, et qui sortent de leurs usines. Ceux-ci filmeront aussi le chat domestique! Avant eux, les recherches pionnières d'Etienne-Jules Marey et d'Eadweard Muybridge visaient à comprendre, en le décomposant, le mouvement des animaux avant celui des humains.

    Depuis lors, toute une ménagerie à poils, à écailles ou à plumes, a envahi les écrans, avec ses icônes premières, comme Cheeta, le faire-valoir comique de Tarzan, le chien militaire Rin-Tin-Tin ou la fidèle Lassie; jusqu'à Jonathan le goéland, plus libre que le vent, Willy qu'il serait bon de sauver ou Okja, la truie transgénique du film de Bong Joon-ho, qu'il faut sauver tout autant. Le cinéma a aussi souvent fait de l'animal « l'autre » de l'homme: l'ennemi intérieur ou mutant (La Mouche), le géant menaçant (King-Kong), le mal incarné (le requin des Dents de la mer). À d'autres moment le complice ou le compagnon — âne, vache ou chien — initiatique, consolateur, si ce n'est même philosophe.

    Alors qu'avec la sixième extinction de masse, ils sont aujourd'hui menacés de disparition de la surface de la planète, les animaux sont de plus en plus nombreux à occuper celle des écrans. Ce que montre l'histoire de l'animal au cinéma, c'est bien sûr l'attitude à son égard de ceux qui l'ont filmé (« Dis-moi comment tu envisages les animaux, je te dirai quel cinéaste tu es ! »); mais c'est aussi la place que lui accorde l'imaginaire collectif, le cadre culturel où il s'inscrit. Le regard de la société humaine sur les bêtes, sauvages ou domestiquées, a profondément évolué au fil de ces cent-vingt ans de cinéma, et il a accompagné de profonds débats de société, jusqu'aux mouvements antispécistes récents, aux militants de la cause animale ou aux résurgences de courants animistes (voire « animalistes ») diffus.

    Reflet à la fois informant et déformant de notre actualité, lui-même éternellement menacé de disparition, le cinéma est tout à la fois une galerie de portraits, un muséum d'Histoire naturelle, une réserve protégée de récits et de doutes, et un zoo virtuel d'une incomparable richesse, d'une infinie liberté…

    Emmanuel d'Autreppe est professeur (Esthétique, Histoire de la photographie, Littérature et écriture) à l'École supérieure des arts Saint-Luc de Liège. Il est responsable des arts plastiques au centre culturel de Marchin, collaborateur aux éditions Yellow Now; il écrit régulièrement à propos de photographie et de cinéma et s'occupe, en outre, de L'image sans nom, « un lieu pour les livres et la photographie » (Place Vivegnis à Liège) aux côtés, notamment, d'Olivier Cornil.

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