Du 28 mars au 10 mai 2026, Valentin Capony métamorphose la Galerie du Botanique en un vertigineux casino macabre. Entre attraction foraine, archéologie urbaine et rituel mystique, l'exposition Decadance est une invitation poétique à jouer avec le feu et avec son propre sort.
« Certains refont leur stock de munitions, d'autres fabriquent des dômes dans le ciel, là-bas, une majorité se tient silencieuse et prête. Tous, enfin, jouent au grand jeu de la Décadance. Venez, vous aussi, tenter votre chance ! Découvrez les secrets de l'avenir à grand renfort de monnaies ! Amusez-vous ! Amusons-nous encore une fois tandis que s'effondre ce château de cartes. »
Au cœur de cette scénographie crépusculaire se déploie l'histoire oubliée des maîtres-cartiers de la capitale. À partir des œuvres de Jean Galler, Nicolas Bodet, Jean Demoulin et de la famille Sarton, artisans bruxellois du XVIIIe siècle, un jeu d'hybridation subtil prend forme. Leurs créations, textes et signatures sont agrandis et gaufrés sur le papier, là où la machine moderne vient figer de manière quasi fantomatique le geste du graveur d'antan.
De cette archéologie visuelle naît un tarot de Bruxelles totalement inédit. Façonné dans le respect des traditions séculaires, gravé sur bois et coloré à la main, ce jeu divinatoire se dérobe pourtant à sa vocation classique pour se livrer à un hasard bien plus mystérieux. Il se dévoile ici sous la forme de pochettes surprises, les Divination Boosters, renfermant chacune cinq cartes aléatoires. Pour tenter de s'en emparer, la règle est simple : glisser quelques pièces dans une authentique machine pousse-pièce de fête foraine trônant au centre de l'installation, et laisser la mécanique dicter le sort de la partie.
Autour de ce dispositif central, l'espace s'articule à travers quatre panneaux monumentaux qui réinventent l'iconographie foisonnante de la danse macabre. Le parcours s'achève face à une grande fresque de Bruxelles, conçue comme un écho contemporain à la célèbre Tapisserie de l'Apocalypse.
À PROPOS DE L'ARTISTE
Valentin Capony est né à Lyon en 1990. En 2008, il commence ses études à l’École Supérieure d’Art et de design de SaintEtienne en France d’où il sera diplômé du DNAP en 2011. En 2012, il part en Chine dans le cadre d’un échange bilatéral pour étudier à la Great School of Fine Arts de Nanjing. Cet échange lui permettra, entre autres, de s’initier à la gravure et à la peinture chinoise. En 2013, il reprend ses études à l’Académie Royale des beaux-arts de Bruxelles en option gravure où il obtient son Master 2.
Son travail artistique est désormais principalement axé autour de la gravure et de la performance. Il a été récompensé par Plusieurs résidences de création comme l’URDLA (2016), l’Academia Belgica (2016), la Fondation carrefour des arts (2017-2018) ou encore la Fondation Félicien Rops (2024). Son travail a également reçu le premier prix de la Jeune Gravure Européenne, KOMASK à Anvers (2017). Il expose et travaille principalement en France et en Belgique, mais son travail s’exporte aussi à l’international comme au Canada avec la Biennale d’Estampe Contemporaine (2017-2025), en Roumanie avec la Fondation Cosman (2025) ou encore en Chine à Shenzhen (2023).
Ses recherches entre la gravure, la performance et l’enregistrement l’ont amené à développer de nombreux partenariats avec les écoles d’arts. Ces partenariats se développent à travers des workshops dans lesquels il développe avec les étudiants les enjeux du dialogue au sein de création via les ondes Fm (2017-2024). Il est également régulièrement appelé pour des remplacements au sein de l’atelier gravure des Beaux-Arts de Bruxelles et de Liège (2023-2025).