Tropismes vous invite à rencontre Veronika Mabardi à l'occasion de la parution de "Sous le regard des statues" avec Camille Claudel aux éditions Esperluète.
La puissance des statues de Camille Claudel se ressent au plus profond de l’être. Veronika Mabardi l’a compris dès son premier contact avec l’une d’elles – car il s’agit ici de contact, pas juste du regard, mais aussi du toucher et du corps en entier. Trop jeune, trop vacillante, elle a gardé cette rencontre pour elle, avant que, bien plus tard, les statues reviennent en force. Mais comment parler de Claudel sans parler de la famille, du frère, de l’amant? Comment garder intacte la puissance du bronze et de l’onyx, du plâtre et du dessin, de l’acte créateur et de la forme des volumes? La réponse de Veronika Mabardi est de parler de ce qui animait cette femme-là : la sculpture. Parler de ce que la sculpture demande de travail, de renoncement et de joie. Parler de sculptures qui sont surtout des corps, parler de l’amour comme moteur, parler de l’enfermement dans une passion plutôt que de l’enfermement physique, parler d’elle, la femme parmi les hommes, parler de sororité – ce qui lui a sans doute manqué et dont nous découvrons la puissance aujourd’hui. En traversant les musées ou les paysages, en convoquant citations et images, et en explorant ce qui reste d’une vie, l’autrice nous invite à ouvrir notre regard sur une œuvre, une époque et leurs résonances. Et lorsque la langue de Veronika Mabardi croise les statues de Camille Claudel, il en sort un texte fort à l’écriture minutieuse qui
emmène avec jubilation, comme seules savent le faire les vraies rencontres. (présentation de l'éditeur).
Veronika Mabardi est née à Leuven, d’un père à demi égyptien et d’une mère flamande. Elle vit aujourd’hui à Bruxelles. Comédienne, elle se dirige peu à peu vers l’écriture, la mise en scène et la création radiophonique. Elle collabore avec différent.e.s artistes et collectifs sur des projets en dialogue avec les arts plastiques, la photo, la danse, la performance et la musique.
Avec son dernier roman "Sauvage est celui qui se sauve", elle signe un texte puissant remarqué par la critique et plébiscité par les lecteur.ice.s. Celui-ci reçoit le Grand prix du Roman 2022 décerné par l’Académie royale de langue et littérature française de Belgique. Le texte a été monté au théâtre par Antoine Laubin en janvier 2026.
La rencontre sera animée par Anne-Lise Remacle.
photo :Pio Kalinski
Une rencontre organisée avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.