Comment qualifier cette relation si singulière qui lie le poème à la musique dans le lied ou la mélodie ? À quelle(s) altération(s) le compositeur soumet-il les vers choisis, et comment en traduit-il les qualités évocatrices ? S’agit-il plutôt d’ « habiller » et de servir humblement le texte ou au contraire, d’oser une forme d’« écartèlement » du verbe au bénéfice de la partition ? De la sublimation à la trahison, la frontière peut être mince, et l’on conçoit la réticence de certain·es poètes·ses à confier leur art aux soins des musicien·nes – « Défense de déposer de la musique au pied de mes vers », menaçait Victor Hugo.
Il reste qu’un répertoire riche et fascinant, autrefois réservé aux salons mondains, est né de cette rencontre. Un corpus qu’on se propose de parcourir ici d’un siècle à l’autre… et dans deux de nos langues nationales !