Façonnées par les publications d’Augustin de Barruel, d’Augustin Cochin et de leurs émules, les représentations des liens entre franc-maçonnerie et Révolution française ont durablement été marquées par l’idée selon laquelle les loges maçonniques auraient plus ou moins porté la responsabilité du déclenchement de cette crise politique. Mais l’un des aspects principaux de l’historiographie depuis trente ans est non seulement de déconstruire mais aussi d’inverser cette représentation. Il est donc intéressant de présenter les mécanismes par lesquels "l’expérience de la Révolution française et du Premier empire", malgré les difficultés puis l’instrumentalisation dont les loges ont été l’objet pendant ce quart de siècle, ont participé au contraire activement à la construction d’une "franc-maçonnerie libérale" qui allait rencontrer un grand succès en France puis dans le sud de l’Europe et du continent américain tout au long du 19e siècle.
Conférence organisée en collaboration avec le Domaine de Seneffe dans le cadre de l’exposition sur la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle
Invité : Eric Saunier, secrétaire général de l’Institut d’Etudes Maçonniques (IDERM), rédacteur en chef des Chroniques d’Histoire Maçonniques, membre du Conseil scientifique de la Fondation de la Mémoire de l’Esclavage, maître de conférences en histoire moderne à l’Université du Havre Normandie. Ses travaux sur la franc-maçonnerie portent tout particulièrement sur les relations entre la franc-maçonnerie et la Révolution française, et sur le fait maçonnique en contexte colonial et esclavagiste.
Animation : Salvatore Ribaudo et J-Paul Renier